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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 10:53

Chapitre 2 :

 

Les origines philosophiques de l’analyse institutionnelle

 

Lors de la rencontre d'AI de juin 2005, G. Lapassade a fait un apport important sur les fondements sartriens de sa démarche dans les années 1960. Le philosophe Jean-Paul Sartre, et sa posture existentialiste, est donc un réfèrent important de l'AI, même si, pour R. Lourau, l'entrée dans la pensée marxiste s'est faite davantage sous l'influence d'Henri Lefebvre et de Cornélius Castoriadis. On est donc obligé de prendre conscience de l'influence de plusieurs traditions de pensée dans l'AI. Cela pose à nouveau la question de son unité.

 

Le "désordre" résulte d'un large horizon théorique dans lequel s'est développée l'AI. On trouve dans le mouvement institutionnaliste des directions et des tendances très différentes qui ne sont pas compatibles les unes les autres d'un point de vue théorique. Elles laissent apparaître l'AI comme une source d'orientations très diverses qui, à un moment, se trouvent en position parallèle, en appui sur des bases théoriques différentes, ou même en porte-à-faux sans cohérence intérieure. Si l'on se réfère à ce que l'on a pu dire des sciences de l'éducation, on a déjà un bon éclairage pour comprendre cette situation : c'est-à-dire des biographies personnelles et scientifiques de tous les représentants du mouvement, profondément différentes les unes des autres. Par exemple, il faut regarder les points de départ de personnes comme G. Lapassade, M. Lobrot ou R. Lourau pour reconnaître les spécificités de leurs références scientifiques différentes. On y trouve: analyse critique de la pensée dialectique de Hegel, théorie marxiste, discussion néo-marxiste de la bureaucratie, écrits de Jean-Paul Sartre surtout La Critique de la Raison dialectique), théorie du champ de Kurt Lewin, psychosociologie française, psychologie humaniste de Rogers, psychanalyse et surtout psychothérapie institutionnelle, pédagogie institutionnelle ayant elle-même son origine dans la pédagogie Freinet, continuum littéraire du romantisme jusqu'au surréalisme, appropriation de l'institution imaginaire de la société (Castoriadis).

 

À l'origine, donc, l'analyse institutionnelle n'est pas une pensée originale. Elle n'est même pas une direction qui viendrait d'une certaine tradition de pensée. Il s'agit plutôt d'un carrefour, d'un lieu de rencontre, dans lequel se réfracte des recherches tant théoriques que pratiques (la psychothérapie institutionnelle, la pédagogie institutionnelle, l'intervention socianalytique, l'observation participante, l'analyse interne, le diarisme et les écritures biographiques, etc.).

 

Définir un mouvement comme lieu est faible. Il manque une dimension théorique pour donner le sens au mouvement, à la recherche, etc. Or, affirmer qu'il n'y a pas du tout de théorie serait exagéré. On se trouve là encore devant une difficulté pour tenter d'expliciter ce que partagent entre eux les institutionnalistes, et que l'on pourrait peut-être définir comme leur paradigme...

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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