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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 13:08

 

Meirieu : Le plaisir d'apprendre 

 

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Avec "Le plaisir d'apprendre", Philippe Meirieu nous donne un beau livre. Contre l'utilitarisme scolaire, il rappelle les exigences culturelles du métier et invite l'Ecole à chercher dans la culture les remèdes à l'ennui. Douze personnalités (F. Dubet, M. Gauchet, B. Cyrulnik, B. Stiegler etc.) appuient son propos et illustrent, parfois de façon saisissante comme Daniel Hameline, la pédagogie du chef d'oeuvre que défend P. Meirieu.  C'est cette vibration, écho de la tension qui nait en classe quand le monde s'éclaire dans le  regard des élèves, qui nourrit ce beau livre.

 

A qui ce livre est-il destiné ? Au jeune prof qui entre dans le métier et qui y trouve l'écho de son engagement? Au professeur chevronné qui y verra aussi l'écho de ses réflexions et de son expérience ? Avec cet ouvrage, Philippe Meirieu publie un bel ouvrage qui invite au plaisir d'apprendre.

 

Il faut lire les pages où Philippe Meirieu explique ce qu'est le bonheur d'apprendre, "le seul événement qui fait grandir un être : quand il accède à la compréhension du monde. La connaissance, alors ne l'alourdit plus, elle l'allège. Autant dire qu'elle le libère". C'est ce "face à face lumineux", cette flamme que l'enseignant lit dans le regard de son élève, qui motivent le professeur et alimente sa passion.

 

Mais pour Philippe Meirieu, cette passion est toute d'exigence. Il fustige "l'utilitarisme scolaire", la recherche de l'efficacité à tout prix et de l'utilité. "L'utilisation incantatoire et systématique du mot "compétence" dans les programmes scolaires signe l'incapacité de l'école à mobiliser les élèves sur de vrais enjeux culturels au profit des critères de la simple employabilité", écrit-il. A vouloir enseigner que ce qui rend employable, l'école est à coup sur perdante. "En cherchant systématiquement à l'extérieur des savoirs eux-mêmes les raisons de se mobiliser sur leur apprentissage, l'école se délite". Contre l'ennui, P. Meirieu dresse le barrage du chef d'oeuvre. C'est le rôle du pédagogue que d'accompagner l'élève vers la construction de son projet, de son chef d'oeuvre qui à la fois intègre et émancipe. Pour P. Meirieu le plaisir d'apprendre est dans cette tension exigeante qui doit mener l'élève vers la culture et non vers les exercices routiniers.

 

A l'appui de sa thèse, P. Meirieu a fait appel à 12 auteurs, qui deviennent presque ses 12 apôtres. Qui mieux que  André Malicot, directeur de la formation chez les Compagnons de France, peut défendre la place du chef d'oeuvre dans la formation d'un jeune ? Qui peut mieux que le sociologue François Dubet parler du bonheur à l'école, une question largement sous estimée par l'institution ? Il faut lire aussi le très beau texte de Daniel Hameline où il parle du  partage d'une oeuvre musicale et de l'ouverture d'âme qu'elle apporte. Boris Cyrulnik, Benard Stiegler, Eric Favey, Emmanuelle Daviet, Jeanne Benameur, Isabelle Pelloux, Agnès Desarthe, Marcel Gauchet, Victor Caniato apportent aussi leur contribution à ce Plaisir d'apprendre.

 

Ce "Manifeste" de Philippe Meirieu est évidemment une réflexion sur l'enseignement. Mais c'est plus que cela. C'est un beau livre qui nous rappelle, les jours difficiles, la noblesse et la sincérité du métier d'enseignant. Merci Philippe Meirieu !

 

 

Philippe Meirieu, Manifeste. Le plaisir d'apprendre, Edition Autrement, ISBN 978-2-7467-3603-0

 

(...)

 

Propos recueillis par François Jarraud

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2014/03/17032014Article635306292639520860.aspx

 

 

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