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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 09:41

Jeudi 1er décembre, 14 h,

 

Je suis dans l’amphi X. J’assiste au colloque « Des frontières indépassables ? ». J’aurais pu parler de mon livre Pédagogues sans frontières. 80 personnes dans l’amphi. C’est beaucoup. Personne de connaissance. Je suis venu ici pour signaler mon intérêt pour les initiatives de l’école doctorale.

 

La salle est bien chauffée. Je suis bien ici pour écrire quelques pages de journal.

 

Ce matin, j’ai eu une insomnie entre 4 h et 4 h 30. Je voulais me rendormir, car j’ai passé la soirée d’hier chez Véro et le fait d’avoir bu (un tout petit peu) trop de vin (et surtout pas assez d’eau) m’a fait penser que je n’étais pas au mieux. Beaucoup de gens qui m’entourent ne sont pas bien en ce moment. Je voulais dormir. J’ai réussi à dormir jusqu’au dernier moment. Voulant être à l’heure à la fac, je n’ai pas déjeuné. C’est un très mauvais choix, quand on est fatigué.

 

J’ai fait mon cours sur un nuage…

 

J’ai parlé, dans la première partie du cours de l’expérience du Journal à 4 mains. J’ai raconté l’expérience de prendre en charge une mère en fin de vie (E1), de l’expérience de tenir un journal sur cette expérience (E2), de l’expérience de relire à 4 cette expérience du journal et d’en tirer un ouvrage de synthèse (E3). E2 ne serait pas possible sans E1. E2 est la condition pour rendre E3 possible.

 

J’ai essayé de montrer aux étudiants que cet enchainement E1 / E2 / E3 était quelque chose qui peut se vivre dans toute recherche voulant élaborer une expérience. On vit une situation. On écrit un journal sur cette expérience. On relit ce journal et l’on en tire quelque chose. Que nous resterait-il, 15 ans après le vécu de cette expérience, si nous n’en avions pas écrit le commentaire ? La première étape de toute recherche sur l’expérience est le journal dans lequel on archive non seulement les éléments de description de l’expérience, mais en plus des éléments d’analyse. Dans un journal, on note le vécu, le perçu, le conçu. Le vécu est à sa place dans la description. Le perçu, c’est ce que l’on décide de dégager du « flux héraclitéen du quotidien ». On découpe quelque chose. Ce découpage suppose une analyse préalable. Je décide d’archiver telle lettre plutôt que telle autre, telle info plutôt que telle autre, telle conversation plutôt que telle autre. Il y a déjà une décision dans ce choix décrire ou de ne pas écrire mon journal.

 

Pour noter un fait dans mon journal, il faut que je fasse l’analyse que ce fait est significatif pour la compréhension de l’institution du moment que je décide de construire. Tout journal est une recherche, c’est la volonté de dégager un objet, de l’instituer…

 

 

Remi Hess

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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