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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 09:04

14 h 30

 

Dans le contexte actuel, je m’interroge sur le sens que je mets dans mon métier de directeur de thèse. Qu’est-ce qu’aider un étudiant à écrire une thèse ? Je crois que les 30 années d’expérience que j’ai acquises dans ce domaine me donnent une petite antériorité sur beaucoup de monde. J’ai fait ma thèse de sociologie avec Henri Lefebvre, comme directeur. J’étais le dernier étudiant à préparer et à soutenir ma thèse avec ce personnage. Moi, c’est en 2013 que j’inscrirai ma dernière thèse. Ce pourrait être Camille, par exemple, qui soutiendrait son master en juin 2013 et s’inscrirait en thèse en octobre 2013. Je lui donnerai 3 ou 4 ans pour écrire sa thèse. Si nous travaillons bien ensemble d’ici là, son mémoire de M2 pourrait être suffisamment brillant pour être publié. Elle pourrait bénéficier d’un contrat doctoral (être payé 1700 euros par mois pendant 3 ans pour écrire sa thèse). Pour cela, il faudrait qu’elle commence à publier dès maintenant. Camille, ma dernière doctorante, comme j’ai été le dernier doctorant de Lefebvre.

Camille a un grand atout pour elle : elle est jeune et les contrats doctoraux sont plus volontiers donnés à des jeunes qu’à des vieux étudiants.

Je crois que dans ma carrière de prof à Paris 8, Camille est l’étudiante la plus jeune que je n’ai jamais eu. Elle a une qualité : elle écrit bien et vite. C’est un atout considérable ?

Il faudrait que je lui explique le système des revues. Il me faut lui donner des cours particuliers, l’emmener en bibliothèque, lui montrer les revues. J’ai eu jusqu’à maintenant 70 soutenances de thèse. Henri Lefebvre en a eu 96. Je ne parviendrai pas à égaler mon maitre. Je ne vois pas comment faire, pour faire soutenir 5 thèses par an avant la soutenance de Camille. Il faut y réfléchir. Je crois que Camille m’a dit qu’elle voulait faire une thèse, et la faire sous ma direction.

Je ne crois pas que Camille avait cette idée avant de faire ma connaissance. Je dois y être pour quelque chose dans l’ouverture de son horizon.

Est-ce un service que je lui rends, en lui donnant l’idée d’entrer à l’université ? Ce qui est sûr, c’est que c’est un service que je me rends. Avec elle, tout fonctionne. On s’amuse vraiment. Il y a de la malice dans son sourire. J’ai l’impression qu’elle comprend à demi-mots. Pas toujours !

Fredmund MALIK, l’auteur du Management efficace (livre allemand que j’ai traduit en français), écrit qu’un étudiant qui entre dans une école de manager après avoir fait 10 ans de scoutisme apprend mille fois plus vite la gestion d’entreprise qu’un autre.

C’est cela qu’a Camille : un passé militant qui est une base en dynamique de groupe, en rapport au travail, à l’animation d’équipe, qui lui fait intégrer ce que nous pouvons dire 10 fois plus vite que quelqu’un qui n’a pas ce back ground. De plus, son passage à Montrouge, sa licence AES lui donnent vraiment une transversalité intéressante.

Je crois que Camille a des qualités d’efficience proches de celles que j’ai trouvées chez Véro ou Sandrine. Avec Valentin, nous allons aider tout le groupe des M1 qui veut s’investir dans les irrAIductibles.

Le fait que Camille fasse les comptes rendus des réunions, le fait qu’elle tape mes journaux, elle entre dans une compréhension des enjeux de la situation, des situations. Il y a un moment où elle verra plus vite que moi les initiatives à prendre.

Ne devrait-elle pas se donner un moment supplémentaire ? Lequel ? Qu’est-ce qui lui sera nécessaire un jour, et dont nous n’avons pas encore l’idée aujourd’hui ? Véro a refusé de faire une thèse. C’est dommage. Je suis sûr que c’est une formation qu’elle aurait pu, dû se donner. Je vais diner chez elle ce soir. Je vais essayer de l’écouter.

Avec Camille, on pourrait fonder n’importe quel parti, il arriverait au pouvoir. Pour le moment, c’est une intuition. Quand je dis « n’importe quel parti », ce n’est pas exactement ce que je veux dire : un parti qui mette au poste de commande l’analyse institutionnelle.

D’une certaine façon, ce que j’écris aujourd’hui et qu’elle lira bientôt est un questionnement que je lui, que je nous adresse sur la feuille de route à se donner. Avons-nous envie de poser ensemble les fondements de quelque chose de durable ? Je crois que oui. Il faut que j’analyse toutes les réussites, mais aussi toutes les erreurs : j’en ai faites pas mal tout au long de ma carrière. Partir des erreurs ; ne pas les reproduire. Penser comment 35 anciens étudiants à moi sont devenus des professeurs d’université. Camille, à 6 ans, avait formulé un projet : devenir présidente d’université, voulant montrer à son père, directeur d’école, qu’elle voulait prolonger son propre parcours… C’est un bon point de départ. Il faut de l’ambition pour avoir le goût de travailler.

C’est plus facile de former un scout qu’un ancien bon élève au management. C’est plus facile de former Camille au travail intellectuel du fait qu’elle a été et est militante, plutôt que quelqu’un qui a fait des études classiques, mais ne s’est jamais plongé les mains dans le cambouis.

Quel voyage d’initiation imaginer pour Camile ? Elle s’organise un déplacement à Marseille. C’est elle qui organise pour ses amies le voyage d’initiation. Elle a un métro d’avance sur moi !

Ecrit-elle son journal aujourd’hui ?

J’ai envie de la lire. Parle-t-elle de Marseille ? A suivre !

 

 

Remi Hess

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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