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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 15:42

Mercredi 21 mars 2007, 9 heures 15,

 

Afin d’éviter l’erreur commise auparavant consistant à passer d’une lecture à une autre, d’un livre à l’autre en oubliant ou en reportant aux calanques grecques l’écriture qui constitue une trace réelle attestant une vraie lecture de l’ouvrage, je décide ce matin de revenir à deux ouvrages lus.

 

De l’ouvrage, Un livre noir du colonialisme, je retiens l’écriture diaristique. Il n’est pas mentionné explicitement que Félicien Challaye écrivait des journaux. Cependant, plusieurs de ses textes sont écrits sous cette forme. L’une des caractéristiques du diarisme réside dans la précision des lieux, des noms, des chiffres et des faits. Ceci est dû aux voyages effectués par l’auteur en Afrique et en Asie. Il prend le temps d’observer, d’écouter, d’interroger et de décrire tout cela en même temps. J’ai l’impression de temps en temps d’avoir affaire au journal de voyage. Les faits qui l’ont marqué (esclavage, torture, travail forcé…) sont décrits avec précision. Ces mêmes faits l’ont transformé. D’une conscience passive d’un jeune philosophe, il est devenu acteur et militant contre la guerre (à l’origine de tous les maux) et pour la paix. En ce sens, il est plus engagé que Michel Leiris, au point d’être accusé de collaborationniste car il s’est opposé à toutes les guerres, y compris contre l’Allemagne nazie et les guerres de libération.

 

L’ouvrage contient des textes et des témoignages d’intellectuels de renom qui lui ont exprimé leur sympathie.

 

La conclusion du livre, de la plume de l’éditeur, reprend le débat actuel des historiens sur le colonialisme et souligne que Félicien Challaye est occulté par ces mêmes historiens, pour des raisons idéologiques relevant du « colonialisme moderne ». En effet, « Un premier fait, incontestable, c’est que le régime colonial est né de la guerre » p 136 et « La colonisation est née de la guerre. C’est à dire qu’elle a pour origine un crime et une folie » p 137. Autrement-dit les guerres contemporaines reproduisent différemment la colonisation sous d’autres formes. Ceci les historiens ne le perçoivent pas du fait de l’absence de la vision historique qu’ils ont du passé. Michel Leiris souligne quelque part dans son livre les points communs entre l’esclavage, le travail forcé et l’exploitation du prolétariat en Europe : Nous sommes au premier tiers du vingtième siècle. F. Challaye ne va pas si loin. Néanmoins sa lutte pour la paix dans le monde. « Il y a une solidarité de toutes les causes justes et humaines ; en luttant pour l’une d’elles, c’est toutes les autres aussi qu’on fait progresser », écrit-il page 39.

 

C’est un livre utile au débat actuel sur les immigrés, les tirailleurs et leurs enfants, la résistance et la guerre… Son auteur décrit des situations au début du 20ème siècle. Ce 21ème siècle mérite aussi des auteurs et des témoignages de ce genre.

 

Benyounès Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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