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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 13:23

Mardi 20 mars 2007, 9 heures 20,

 

Enfin, je termine ce matin la lecture de Un livre noir du colonialisme, souvenirs de la colonisation, de Félicien Challaye, (1), livre offert par l’éditeur à la suite d’une discussion sur l’écriture et l’édition lors d’un repas en 2003. Ouvrage lu dans le cadre de la préparation du numéro 11 de la revue Les IrrAIductibles. Il est vrai que dès le début de la préparation de ce numéro, je me suis interrogé à plusieurs reprises sur ma contribution à ce numéro. Que puis-je écrire, moi qui suis africain d’origine, mais vivant en France ? Quel est mon regard porté sur l’Afrique ? Embarras et hésitation sur ma position de chercheur, militant ou simple spectateur !

 

Ma réflexion dès le début a porté sur mon passé et mon vécu au Maroc. Hormis les combats pour la libération du néocolonialisme, j’ai assisté sans y participer réellement au débat théorique, politique et idéologique sur la scène africaine dans les années soixante-dix. Ce débat se résume à l’indépendance et à l’après indépendance. Mais, pourquoi faire. La réponse à cette question a été occultée et les intellectuels se sont contentés ou se sont arrêtés à la question de qui sommes-nous (Marocains, Arabes, Africains, pro-européens…). Abdelkebir Khatibi propose une double critique qui signifie la critique du moi (marocain) et la critique de l’autre qui est l’Occident. Abdellah Laraoui adopte l’historicisme, ce qui veut dire ne pas brûler les étapes et laisser émerger historiquement les forces sociales qui assureront le progrès. Mohamed El Jabiri prône une lecture critique de la tradition (Al Tourath) avant d’affronter la modernité… Lorsque j’ai traduit le livre sur la pensée philosophique au Maroc, j’en ai fait un commentaire avançant ma position à l’époque (les années 80).

 

La déception politique m’a conduit à creuser la question sans pour autant trouver des pistes de réponses. C’est la rencontre avec l’analyse institutionnelle qui va me permettre de poser la question autrement ; c’est à dire commencer à m’interroger sur moi-même, mon vécu, mes expériences, mes origines, mes appartenances et enfin la provenance de mes idées, bref mes implications.

 

La préparation de ce numéro de revue a été l’occasion pour moi de reprendre cette thématique. Ceci a coïncidé avec d’une part, avec mon travail de recherche sur la dialectique et particulièrement chez Hegel, et d’autre part avec ma connaissance des travaux de Gérard Althabe, grâce à Remi Hess, qui a aussi écrit des journaux sur Mayotte et la Réunion. Les travaux de Georges Lapassade ont été déterminants dans le bouleversement de mon approche sur la question africaine.

 

J’ai beaucoup hésité avant d’écrire en pensant à un article qui serait intitulé « Ma part universelle de l’africanité ». Titre qui m’ouvre des portes d’entrée multiples pour introduire la singularité, la particularité et l’universalité. Il se trouve que je suis confronté à Georges Lapassade qui ne voit que l’ethnographie comme approche possible de la question africaine. La lecture de L’Afrique fantôme de Michel Leiris, ainsi que de Félicien Challaye confortent en partie la position de Georges Lapassade. La lecture également de son livre Etudes mogadoriennes conforte sa position.

 

J’en déduis, sur le plan méthodologique, que l’approche ethnographique reste une voie primordiale pour parvenir à une connaissance concrète d’une réalité, que celle-ci soit vécue ou perçue. Cependant, Gérard Althabe, effectuant une grande partie de sa carrière de chercheur sur le terrain africain, s’est trouvé confronté à l’implication du chercheur dans ou en lien avec son terrain. Par conséquent, il devait affronter la bureaucratie coloniale et l’idéologie sur laquelle elle repose. Le livre fait avec Remi Hess en témoigne.

 

(1) Félicien Challaye, Un livre noir du colonialisme, souvenirs de la colonisation, Ed. Les nuits rouges, 2003, 216 pages.

 

Benyounès Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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