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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 10:56

Jeudi 22 mars 2007, 9 heures 20,

 

Réveillé à cinq heures. Je prends ma tension. J’en suis déçu, car j’ai toujours 18, c’est très élevé selon les médecins. Pourtant, la veille et suite à la prescription du cardiologue, la tension avait sensiblement baissé. Je prends les médicaments : cinq types de comprimés. Je prends mon petit déjeuner et entame la lecture de la Phénoménologie de l’esprit de Hegel. J’en suis à la préface.

 

Sept heures, tout le monde est réveillé. Nous préparons le départ de Solène en classe de neige à Arêches. Nous l’accompagnons Place de la mairie. Départ vers 8 heures 30. La séparation avec Solène, sept ans, est difficile. Nous partageons ce sentiment avec tous les parents. Les mamans n’arrivent pas à retenir leurs larmes. Je pense que les pères sont aussi touchés, mais n’ont pas le courage de l’exprimer. En ce qui me concerne, les larmes de Solène au moment de la séparation ont été suffisantes. Il ne fallait pas que j’en rajoute.

 

Retour à la maison. Il fait très froid aujourd’hui. Je bois un café chaud. Je me reprends la tension. Cela baisse.

 

Choisir entre la poursuite de la lecture et l’écriture, j’opte pour la seconde solution.

En écrivant, je m’interroge sur le corps malade, la lecture et l’écriture. Comment je fais… je dois impérativement reprendre mon journal sur la santé.

 

J’ai envie de dire : Je ferme la parenthèse de cette matinée et je passe à autre chose, à quoi ? Dans le diarisme, on constate l’interférence des sujets. Dans le cas présent, me concernant, j’écris plusieurs journaux thématiques. L’avantage de cette démarche réside dans la construction d’un texte cohérent sur une thématique spécifique et dans le cas de ce journal, il s’agit de noter mes lectures. Mais il se trouve que parfois on est pris dans des situations (impliqué dirait Lourau) et ces situations interfèrent avec des situations différentes. Cela induit un mélange des genres.

 

Le cas de ce matin est très parlant. Comment vivre l’instant d’une séparation de deux semaines avec ma fille qui de surcroît voyage loin. Certes, son voyage est encadré par l’école et la municipalité. C’est son deuxième voyage, mais cela est insuffisant pour dissiper toutes les appréhensions que l’on ressent dans ce genre d’événement qui intervient dans une vie de famille extrêmement sédentarisée ! Ce départ était prévu, organisé et préparé depuis bien longtemps. Toutefois, l’instant est vécu comme une perturbation. Cela crée une déstabilisation dans les habitudes normées et non pas normalisées.

 

Sous le titre de la vie quotidienne, on peut mettre des situations, des événements, des habitudes, des normes, des trucs spectaculaires, des hasards… etc. Par exemple, hier Yann-Elias a trouvé un test politique sur Internet (interruption de quelques minutes). Il faut répondre à des questions d’ordre politique, économique, sociale, environnementale, morale. L’internaute choisit parmi les réponses proposées. A la fin du questionnaire, le site donne le résultat sur le positionnement politique de l’internaute. Yann-Elias répond au test, cela lui plaît. Il me convainc de le faire, j’exécute. Ensuite, c’est Bernadette et Solène qui font la même chose. Solène a beaucoup de mal à s’exécuter, ne comprenant pas bien les questions. Résultats : Yann-Elias est proche du PS et des Verts. Moi, je suis classé anti-libéral et proche de quatre formations politiques de gauche : PC, Chevènement, les Verts et le Parti socialiste. Bernadette a été classée comme moi. Quant à Solène, elle s’est trouvée au centre gauche, proche de Bayrou. Yann-Elias la taquine, lui reprochant de se trouver proche de Bayrou. Elle s’en défend prétendant ne pas comprendre les questions. Ainsi, Yann-Elias aurait réussi à emballer toute la famille dans un jeu amusant !

 

Cet exemple est le type même de situation imprévue et inattendue. Peut-on le classer dans la vie quotidienne, que l’on croit réduite au manger, dormir, travailler, etc. La politique est oubliée, alors même qu’elle rentre au foyer par le biais d’internet et de la télévision. Certes, nous sommes en campagne électorale. Néanmoins, aucun de nous n’est engagé dans cette campagne.

 

Je crois qu’il s’agit davantage d’un moment que de la vie quotidienne. Ce moment prendra fin après les élections.

 

Cette remarque me conduit à distinguer entre la vie quotidienne d’une part, et le moment d’autre part. Remarque intéressante à reprendre dans le travail sur : la situation, l’événement, la circonstance, le moment et la vie quotidienne.

 

Hier, en écrivant ce journal, je me suis dit ou j’ai promis d’écrire sur deux livres. Le premier de Challaye, c’est fait. Je passe au second.

 

Dans le processus de mes lectures, la publication d’un livre par Remi Hess est à chaque fois un événement. Que le livre soit écrit par sa plume, en collaboration avec d’autres ou tout simplement en tant qu’éditeur. Quelque soit le livre venant de sa part, je sens qu’il m’est destiné en tant que lecteur. C’est la magie ou l’alchimie de la connaissance d’un écrivain. Je ne veux pas dire par là qu’il suffit de connaître un auteur pour l’apprécier. J’apprécie bien d’autres auteurs que je n’ai jamais connu : Artaud, Genet, Maupassant, Proust, Victor Hugo… et j’en passe et des meilleurs. Mes relations avec Remi Hess sont particulières. Il m’arrive de penser à lui très souvent, que ce soit en écrivant, en allant à la fac, en réfléchissant à d’autres thèmes ; tels que l’amitié, la fidélité, le militantisme, la carrière professionnelle, l’édition, la lecture, l’écriture, la pédagogie, la famille, le quotidien, le voyage, le mondial, l’AI, le politique, la philosophie, la sociologie, l’éducation… etc. Bref, il occupe une grande partie de mon univers. Ainsi, j’essaie d’être l’un de ses lecteurs privilégiés. Je n’y parviens pas souvent, car parfois je me sens enfermé et entouré par des gens qui se disent proches de lui, mais qui ne le lisent pas ou très peu. Ainsi, le regard que je porte sur lui est singulier, il m’est propre. J’en ai fait l’expérience au début de ma réflexion sur le rapport entre le maître et le disciple. Cela m’a valu beaucoup de reproches de la part des gens proches de moi ou non. Certes, la posture, les positions, le travail colossal de Remi ne laissent pas indifférent. C’est lui qui a dit que lorsque l’on se trouve sans ennemi, il faut aller à la terrasse d’un café, s’asseoir, compter les passants jusqu’à dix et dire que le dixième est mon ennemi. L’ennemi vous fait réagir et réfléchir, n’est-ce pas ? J’ajoute à cela que parfois, on n’a pas besoin de chercher un ennemi, c’est lui l’ennemi qui vient vers vous. J’en ai fait l’expérience et je m’attends de temps à autre, à avoir en face de moi l’ennemi. Cela n’empêche pas la surprise, mais il faut faire avec les ennemis que l’on mérite.

 

Benyounès Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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