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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 10:06

14/01/2011 19 h 49 Anouar Brahim Thimar

 

J'ai sauté un jour, c'est dingue! J'ai sauté un jour de journal, comment ça se fait?

 

Ah si, ça y est, je me rappelle....hier matin, j'ai commencé à travailler sur la séquence des postures en psychosocio et comme j'ai repris mon ancienne méthode, j'ai d'abord pris des notes sur mon cahier. Cette séquence porte sur la posture clinique et j'ai été un peu déstabilisée car on parle plutôt d'habitude de démarche clinique. Alors je me suis replongée dans des textes que j'avais travaillé précédemment de Claude Revault d'Allones (1) et comme d'habitude, je n'en avais pas assez, vagabondage sur la toile...

 

Je commence à me dire que c'est pathologique. En fait c'est Lapassade qui m'y a fait penser dans son chapitre sur la névrose et le choix de l'objet d'amour. Il y a un rapport au savoir chez moi qui est proche de ce choix d'objet. C'est cela que j'avais cherché à comprendre lorsque j'avais voulu faire une analyse au moment où j'avais repris des études en 2006. Le professionnel n'était pas compétent et en fait c'est une bonne chose. Je préfère le découvrir avec Lapassade. Juste, il faut que je fasse attention à ce que cela ne se termine pas comme la dernière fois.

Laissons ma névrose!

 

Je n'ai pas écrit non plus dans mon journal car hier s'est tenue une réunion du collectif qui s'est terminée très tard. Au départ je pensais ne pas y aller car une réunion avait été annulée la semaine dernière pour cause de maladie de plusieurs et que sur des messages internet certains se demandaient si nous étions en nombre suffisant pour continuer. J'avais répondu que si c'était pour se poser encore des questions sur la moindre mobilisation, la passivité de la population ou autre sujet de ce genre ce serait sans moi et que je viendrais que si c'était pour préparer notre action du 22 sur les bons voeux du gouvernement.

 

Les réponses à ce message étaient étranges, sans cohérence, du coup je suis allée à la réunion.

 

Elle se passait chez M., on devait apporter de quoi boire et manger. Et finalement, après quelques explications, j'ai compris que la réunion de la semaine précédente avait tout de même eu lieu car ceux qui n'ont pas internet ou qui avaient eu le message trop tard s'étaient présentés. Comme c'était M. qui était censée organiser la réunion d'hier soir, j'ai compris pourquoi je n'y comprenais rien.

 

Chère M., je l'adore, ça marche très bizarrement dans sa tête. Pour lancer les infos, elle utilisait chaque fois des listes de destinataires différents qui faisaient « répondre à tous » à la liste envoyée par elle, si bien qu'il y avait des circuits parallèles de communication qui ne se sont jamais croisés.

 

Bref, nous étions 7, 6 filles et l'intersexe qui revenait de Bruxelles où il avait travaillé dans une commission de l'OMS sur la dé-psychiatrisation de la transexualité.

 

On est reparti dans une séance de travail délire, ça partait dans tous les sens sur comment on allait mettre en place nos bons voeux des Sarkozettes et recueillir la parole des passants et leurs voeux à eux pour le gouvernement.

La conférence de presse est prévue lundi soir au bar, on sera déguisé en Sarkozettes bling bling et le samedi 22, c'est rdv devant chez Leclerc en tenue.

 

Nous nous sommes demandés si nous devions nous trouver un nom pour nous présenter aux journalistes et que nous puissions nous identifier mais ce sujet a vite été balayé, pour cette fois nous sommes les Sarkozettes, après nous verrons.

 

Après on a fait une séance d'essayage de déguisements bling bling.

 

A certains moments, il y avait des séparations de discussions et je me suis retrouvée dans la cuisine avec B. et V. B. disait que ça allait bientôt péter, que ce qui se passait en Tunisie était un signe qui allait donner des idées aux français. Elle disait que le confort endort, que les gens bougent que lorsqu'ils n'ont plus rien à manger et que c'est dramatique. V. et moi pensions que ce n'était pas si sûr que ça bouge mais que ça ne devait pas nous empêcher de faire de l'agitation, mettre du politique dans l'espace public.

 

Je comprends assez bien que les gens ne bougent pas tant qu'ils ont de quoi vivre. Je ne me vois pas cesser de militer mais j'aimerais souvent être tranquille, me promener, faire mon jardin, m'amuser avec mes amis et ma famille, étudier.

 

C. a parlé de ses difficultés de vivre avec le RSA et qu'avec les dernières augmentations de toutes les factures et malgré les abonnements sociaux, elle ne s'en tirerait pas dans les mois à venir. V. a lui aussi le RSA avec son compagnon, mais ils glanent, ont un potager, ne mangent pas de viande. Il dit que pour le minima ça va, mais le problème ce sont les livres, l'accès à la culture plus difficile à la campagne que dans une grande ville. Il a un diplôme du CNAM niveau master en insertion sociale, mais il n'est pas reconnu par les employeurs et les boulots qu'on lui propose sont payés au smic. En plus, il ne veut pas travailler dans l'insertion et pousser les gens à s'adapter et accepter un système avec lequel il est en désaccord. Il a travaillé pendant un an comme ramasseur de volailles et dit qu'entre l'essence pour aller travailler, les fringues qui s'usent à une vitesse grand V et l'usure du corps, il préfère rester au RSA.

 

Avec M. nous avons aussi reparlé de la lutte pour le maintien de la mater et la chirurgie de l'hôpital de notre commune en 2008, qui avait été assez virulente. Et je me suis rendue compte que ces études avaient changé ma manière d'aborder les problèmes.

 

Je crois que dans ce qui se passe à l'heure actuelle, la casse du système de protection sociale, des services publics, du droit du travail....on ne se bât pas de la bonne manière et on défend parfois des choses indéfendables plutôt que d'essayer d'en imaginer de nouvelles. Nos visions sont limitées. Pourquoi attendre toujours que l’État fasse tout, prenne tout en charge? Ou se trouve dans ce cas notre investissement politique, notre créativité à penser ce dont nous avons besoin et à le réaliser ?

 

Bref, M. est censée nous faire un compte rendu de la réunion..... Par contre bonne nouvelle, je lui ai prêté L'Arpenteur et elle l'a lu et l'a trouvé passionnant. Décidément Lapassade fait des miracles.

Autre sujet.

 

Il y a eu un échange d’inquiétudes (concernant la présentation du grand classique) sur le forum des Grandes figures auquel Augustin a répondu! Il n'explique pas beaucoup plus en fait ce qu'il attend de nous mais ça ne me dérange pas. Juste il donne envie de s'y remettre en nous montrant le plaisir qu'il peut prendre à écrire et nous, le plaisir que nous avons à le lire.

 

Quoiqu'il en soit, il dispose d'une liberté que ne suis pas sûre de m'accorder pour ce genre d'écrit. Parfois, je me dis que l'écriture est un monstre qu'il faut bien se garder de détacher!

 

Autre chose encore, j'ai assisté ce matin à une intervention sur les histoires de vie dans le cadre de La journée annuelle des Assistants Sociaux en psychiatrie du Grand Ouest. C'était très intéressant et j'ai reconnu quelques noms cités de Paris 8 et Paris 13. J'en ferai un compte rendu un peu plus tard.

 

(1) Claude REVAULT d'ALLONES, La démarche clinique en sciences humaines, Psychologie clinique et démarche clinique p17-33, Edition Dunod.

 

Hélène M.

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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