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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 10:58

Le 15/01/2011 6 h 43

 

Je voulais passer rapidement sur les dernières séquences de la psychosociologie pour tenter de la « boucler » cette semaine et arriver d'une part à rendre au moins un travail dans une matière mais comme d'habitude, je suis tombée sur un sujet qui me passionne et je n'ai pu me limiter à la lecture du cours.

 

Trois postures : la clinique, la recherche-action, l'histoire de vie (ne figure plus dans le texte de la séquence).

 

1) La démarche clinique

 

La séquence débute par l'évocation de Wilhem Dilthey (1833-1911). Ne connaissant pas cet auteur, je suis allée rapidement voir sur Wikipédia (j'ai conscience des réserves qui peuvent être émises sur cette utilisation, elle permet cependant d'avoir un premier aperçu relativisable). J'y apprends qu'il s'est inspiré des travaux de Schleiermacher sur l'herméneutique et qu'il peut être rattaché au romantisme allemand. Ce serait lui qui aurait introduit l'expression de cercle herméneutique.

 

Il a ouvert la différentiation entre sciences de la nature et sciences de l'esprit. Il qualifie ces dernières en leur donnant pour objet « l'étude de l'homme par l'homme».

- l'origine étymologique du mot clinique :

Vient du grec ancien Kliné, couche pour les morts et Klino, verbe évoquant l'action de s'incliner, de coucher, d'appuyer.

- La clinique : pratique et recherche

Alors que ce terme est le plus souvent utilisé en relation avec les pratiques de soins, il peut aussi s'appliquer à une posture de recherche dont la pratique n'est pas absente.

- Le noyau dur de la recherche clinique

On peut caractériser la recherche clinique par : - l'objet de la recherche qui est une personne, un groupe de personnes, - l'implication du chercheur dans la relation avec son objet d'étude (contact direct), - le postulat de l'auto-réflexion dans la situation intersubjective, - la capacité de différenciation de la personne qui peut s'exprimer par un acte de refus, - l'historicité de la personne (sa permanence et son changement), - pondération de son expérience par la personne, - multitudes des variables.

 

Sur la question de l'historicité : j'ai assisté hier à une intervention de Christophe NIEWIADOMSKI (1) sur les histoires de vie. Il a évoqué la question en partant de Paul Ricoeur et du paradoxe de l'identité. Paul Ricoeur (2) aborde la question du «qui suis-je? » en montrant qu’elle contient un paradoxe mêlant la « mêmeté » qui est l'élément permanent et l'« ipséité » qui est l’élément changeant. Ce paradoxe se résout par la construction de son identité normative, le récit de soi qu'il appelle mimésis (j'espère ne pas faire d'erreur). La mimésis se compose de 3 moments : - la préfiguration (prise en compte du code culturel), - la configuration (choix de ce qui est raconté et prise en compte du destinataire du récit), - la reconfiguration (pas de côté qui s’effectue lors de l'élaboration du récit)

- Caractéristiques de la recherche clinique :- reconnaissance de l'histoire du sujet, - expérience vécue et élaborée, - invention continue de soi, - prise en compte de la personne totale en situation, des évènements extérieurs et du contexte et de la manière de gérer une situation problème.

 

Lecture de l'article de Claude REVAULT d'ALLONES, Psychologie clinique et démarche clinique. (3)

 

Dans cet article, l'auteur cherche à caractériser la démarche clinique.

L'objectif de la démarche clinique est de connaître et comprendre « la personne totale en situation d'interaction » dans un but de diagnostic, d'intervention, de recherche. Une des particularités de la démarche clinique est de présenter un caractère problématique du fait « de la tension permanente qu'entretiennent le sujet et l'objet ».

Ses temps forts sont : - le lien à la pratique (expérience et distance à l'expérience), - le rôle de la demande ou plutôt de la double demande (la demande de l'un rencontrant la demande de l'autre) qui ouvre un espace dans lequel le dispositif clinique va jouer, - l'importance de la relation (travail dans la relation et sur la relation), - la prise en compte de l'implication (auto-réflexion du clinicien), - les rapports avec la psychanalyse (et notamment sur sa prise en compte par le clinicien concernant la question du transfert et du contre-transfert), - la réévaluation du social (relation entre la subjectivité et le social, « plus on va vers le subjectif, plus on trouve ou retrouve le social »)

 

La rigueur scientifique de la démarche clinique s'affirme dans l'analyse permanente du clinicien de son implication et le questionnement constant de l'implicite qui habite les dispositifs qu'il a mis en place.

 

2) La recherche action

 

S’appuyant sur un principe, énoncé par Kurt Lewin, que l’on peut chercher à connaître un objet d’étude en agissant sur lui et qui « assigne au chercheur un rôle d'expérimentateur » (4), les premières expériences sont attribuées à John Dewey et au mouvement de l'Ecole Nouvelle dont les principes reposent sur « l'idéal démocratique, le pragmatisme, et l'insistance sur l'habitude du savoir scientifique chez les éducateurs comme chez les éduqués » (5).

 

Le passage de la recherche action de type Lewinienne à la nouvelle recherche-action émancipatrice de Carr et Kemmis a été effectué par les travaux de L. Stenhouse vers les années 1970, à l'Université East Anglia. (6) C'est le premier à avoir modifié le statut du chercheur à l'intérieur de la recherche en lui enlevant son «auréole » d'expert.

 

Carr et Kemmis, vont, eux, relancer la recherche action en 1983 après une période de latence, en prenant en considération les demandes des enseignants d'être eux-mêmes chercheurs, de participer à des recherches qui leur servent réellement et non à des savoirs inutiles pour leurs pratiques, de pouvoir faire face à de nouveaux problèmes qui se posaient à eux, de pouvoir fournir des arguments face à des critiques de plus en plus acerbes sur l'école.

 

Ces auteurs insistent sur le principe d'action sociale de la recherche-action (menée par les praticiens eux-mêmes) et sur l'utilisation d'une démarche expérimentale.

 

L'objet d'une recherche action, c'est la pratique, nommée praxis. La praxis, « c'est une action associée à une stratégie, en réponse à un problème posé concrètement, en situation et dont l'auteur est impliqué. »

 

René BARBIER qualifie de Recherche Action Intégrale la «recherche-action transpersonnelle, à la fois éminemment personnelle et communautaire » (7), participante et politique et qui se caractérise par 7 aspects (8) :

- le problème naît dans la communauté qui le définit et le résout,

- le but ultime de la recherche est la transformation radicale de la réalité sociale et l'amélioration de la vie des personnes impliquées. Les bénéficiaires de la recherche sont donc les membres de la communauté.

- La recherche participante exige la participation pleine et entière de la communauté pendant le processus de recherche.

- La recherche participante implique tout un éventail de personnes ne possédant pas le pouvoir, exclus, pauvres, marginaux...

- le processus de la recherche action peut susciter chez les participants une meilleure prise de conscience de leurs propres ressources et les mobiliser en vue d'un développement endogène.

- Il s'agit d'une méthode de recherche plus scientifique que la recherche traditionnelle en ce sens que la participation de la communauté facilite une analyse plus précise et plus authentique de la réalité sociale.

Luca Paltrinieri, dans un ouvrage à paraître (9), relève que de nombreuses définitions de la recherche-action ont été données depuis 1950.

Leurs points communs sont :

- le fait de s'appuyer sur une praxis par essence complexe et mettant en jeu de nombreux acteurs,

- l'implication collective et le fait qu'aucun acteur ne se trouve en position d'objet d'étude. Le chercheur collaborateur doit en permanence analyser son implication qui devient un objet d'étude,

- la radicalité, car la recherche-action débute souvent par une situation de crise dont il faut trouver la signification par un déplacement du problème, la formulation d'une «bonne question», c'est-à-dire celle qui pourra obtenir une réponse,

- la temporalité, la recherche-action nécessite un temps long pour pouvoir produire un changement.

 

19 h 06 Herma Puma, Synchromystic

 

Bon, ça y est, j'ai fini cette séquence et il m'en reste deux en psychosocio, celle sur l'autogestion et celle sur les groupes sujet/objet. J'avance, lentement mais j'avance......

 

(1) Docteur en sciences de l'éducation, maître de conférence à l'université de Tours.

(2) Corrigé ce jour, le 24/01/2011 ;-)

(3) Claude REVAULT d'ALLONES, La démarche clinique en sciences humaines, Psychologie clinique et démarche clinique p17-33, Edition Dunod, 1999.

(4) LIU M. Fondements et pratiques de la recherche action, L'Harmattan, Collection Logiques Sociales, Paris, 1997, p 26.

(5) BARBIER R., La Recherche Action, Anthropos, Paris, 1996, p 15.

(6) Information tirée de l'article de Georges Lapassade, De l'ethnographie de l'école à la nouvelle recherche-action, 1993, http://old.recherche-action.fr/LinkedDocuments/lapassade.htm consulté le 15/01/2011.

(7) Ibid, p18.

(8) Ibid, p40.

(9) Message du 11/01/11 sur la plateforme EAD, Paris 8.

 

Hélène M.

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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