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  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 10:14

11/01/2011 5 h 52

 

Rien fait hier, trop malade!

Je reprends le deuxième chapitre de L'entrée dans la vie.

 

Chapitre 2 : La névrose, la vie, la réciprocité p 33-49

 

Dans ce chapitre, Lapassade s'intéresse à la névrose sous l'angle psychanalytique car son objet est un problème d'entrée dans la vie.

La névrose peut être vue comme un refus d'être adulte et dans ce cas la cure devrait permettre d’accéder à la maturité, mais elle peut être vue aussi comme un refus de vivre, à la mort présente dans la vie. Cela me semble rejoindre les dernières lignes du premier chapitre qui précisait que nous naissons vraiment quand nous mourons. Ce double aspect de la névrose montre l’ambigüité de la cure entre admettre qu'il y a une maturité possible et accepter que la vie se réalise à la mort.

 

Lapassade s'interroge ensuite sur les origines de la névrose et distingue :

 

- le facteur biologique qui provient de la dépendance du nourrisson. Tout d'abord perçu comme une dépendance alimentaire, Freud va opérer un déplacement et considérer que cela est un besoin d'objet, d'un objet d'amour et donc une première étape du développement de la sexualité. A la différence de l'instinct, la libido n'a pas d'objet défini à l'avance, elle se construit au fur et à mesure Le névrosé est marqué par le premier objet et le recherche en permanence. Cela met en relief l’aliénation de l'être humain qui ne peut être que par le regard de l'autre et le fait que cette quête incessante de l'objet d'amour montre la trace de l'inachèvement.

 

- le facteur phylogénétique (1) : Lapassade rappelle que le développement sexuel de l'être humain se fait en deux temps. Reprenant la relation mère-enfant, il dit qu'elle révèle deux choses, d'une part que c'est un jeu de dupe, chacun recherchant chez l'autre ce qu'il ne peut lui donner et d'autre part que nous sommes de trop dans le monde ce qui est une situation traumatisante (référence au complexe d’Oedipe où l'enfant est rejeté par la mère au profit du père). De ce fait, l'enfant est en permanence en position d'entriste, à tenter d'entrer dans des situations et que cela perdure tout au long de la vie.

 

- le facteur de l'imperfection de notre appareil psychique. Lapassade expose qu'on a tendance à opposer le ça comme lieu de l'expression des instincts primaires, sans lois et le moi qui est ajustement au réel. Or, la cure permet de révéler que c'est dans le moi que siège les résistances à aller mieux, à devenir adulte. Cela montrerait la fragilité du sujet, sa construction anarchique, son morcellement.

 

Lapassade tente une définition de la névrose : « c'est lorsqu'une vie individuelle est dominée par l'incapacité ou le refus de vivre, lorsque la mort est dans la vie non plus seulement comme horizon, mais comme un présent permanent. » (2). A partir de là, il définit ce qu'est l'homme sain, l'homme normal. L'homme normal n'est pas celui qui est adapté (qui fait preuve de maturité?) mais celui qui est capable de faire un accord avec la vie, de s'inventer ses propres règles. L'entrée dans la vie, vu sous ce jour, est une entrée non pas dans le monde social mais en soi.

 

9 h 40

 

Beaucoup de difficultés à saisir le sens du troisième chapitre. Lapassade manipule trop rapidement des idées, des savoirs que je n'ai pas. J'essaye quand même de faire une restitution de ce que j'ai compris.

 

Chapitre 3 : Le travail de la puberté pp 50-67

 

Partant de Rousseau pour qui la puberté est le début de l'intersubjectivité marquée par la culture (qui de ce fait prend le nom d'adolescence), Lapassade retourne à Freud. Pour ce dernier, la puberté c'est la répétition et le déplacement de l’Oedipe. Freud également place cette question dans le champ de la culture. C'est la culture qui « nomme » l'adulte et ce par les rites d'initiation.

 

Ensuite, Lapassade examine les propositions d'Helen Deutsch (3) dans son ouvrage La psychologie des femmes. Il pense que ses observations sont pertinentes lorsqu'elle évoque la jeune fille prépubère qui joue à la femme ou l'adolescente qui cherche à cacher sa féminité mais que son hypothèse par laquelle cela serait les manifestations d'un désir de grandir et le refus de rester enfant est problématique. Il examine en quoi le terme désir contient en lui-même la notion d'inachèvement qui est son essence et que la régression vers l'enfance peut être perçue comme un refus de l'illusion de la maturité car celle-ci est en fait synonyme de mort. (Je ne suis pas sûre de retransmettre correctement son discours).

 

Lapassade pense qu'Helen Deutsch s'éloigne de Freud dans le sens où elle attribue un objectif prédéterminé au développement (la passivité), celui-ci serait naturel.

 

10 h 08

 

Pour me reposer de la difficulté de lecture de ce chapitre, je suis allée chercher des informations sur la vie de Lapassade et j'ai trouvé sur le site de Benyounès Bellagnech, un article de Michel LOBROT, Note sur la vie de Georges LAPASSADE (4).

 

Note sur la vie de Georges LAPASSADE de Michel LOBROT

 

Dans cet article, l'auteur pointe deux périodes importantes dans la vie de Lapassade: la période de l'après-guerre qui lui offre l'opportunité de quitter son milieu familial pour faire ses études. Les difficultés relationnelles avec son père sont évoquées dans le livre L'autobiographe. Lapassade reste perturbé par ces relations ce qui l'amènera à entreprendre une analyse. Au départ, celle-ci aurait été menée pour sortir de l'homosexualité. Il l'arrêtera en 1963. L'entrée dans la vie a donc été écrite durant cette période.

 

Rencontre de Ferdinand Alquié et de Georges Ganguihem.

De cette enfance, en réaction, Lapassade gardera le désir de tout dire. Au moment où il rencontre Michel LOBROT, c'est la période où la dynamique de groupe de Kurt Lewin, arrive en France.

Lapassade s'y forme ainsi qu'aux pédagogies nouvelles qu'il approche lorsqu'il travaille comme éducateur musical au Renouveau de Montmorency. A cette époque il pratique l'agitation sociale, s'intéresse aux changements institutionnels et au trotskisme.

LOBROT apprécie particulièrement les ouvrages parus entre 70 et 78 qui sont basés sur la vie de LAPASSADE.

Il est plus critique sur ses idées et conceptions de la transe et de l'analyse institutionnelle qu'il développera dans une seconde période.

 

(1) Comme Laure, j'ai un problème de définition de ce terme. Dans le Petit Larousse grand format, je trouve que phylogénétique est ce qui est relatif à la phylogénèse c'est dire, l'étude de la formation et de l'évolution des espèces animales et végétales en vue d'établir leur parenté. P778, Edition Larousse Paris, 1992.

(2) p 47

(3) Helen Deutsch (1884-1982) psychiatre, a réagi aux écrits de Freud sur la sexualité féminine.

(4) http://lesanalyseurs.over-blog.org/article-31470888.html consulté le 11/01/11

 

Hélène M.

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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