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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 14:25

Colloque : La recherche en éducation en temps de crise

 

L'Association Francophone Internationale de Recherche Scientifique en Éducation (AFIRSE), l’Université de Péloponnèse (Département de politique sociale et éducative), l'Université de Patras (Département pédagogique de la formation des enseignants du primaire), en partenariat avec l'UNESCO (ED/ERF)

organisent un

Séminaire international :

« La recherche en éducation en temps de crise »

qui se tiendra

les 8 et 9 juin 2012

dans le cadre de l’

Université de Péloponnèse (salle de conférences)

Faculté des Sciences Sociales, rue Damaskinou & Kolokotroni

Corinthe, Grèce

Courriels:

mmaria62@otenet.gr

dtsak@otenet.gr

gstam@otenet.gr

afirsecolloque@yahoo.com

 

 

Argument

 

Crise, crise, crise ! C’est comme un mot d’ordre d’immobilisation générale : il y a crise, donc, on ne peut plus rien faire.

Il ne s’agit pas de revenir sur les raisons de « la » crise, sur son caractère définitif, particulier ou répétitif, il s’agit de savoir fonctionner dans l’ambiance qu’elle crée et fonctionner pour pouvoir aider à la dépasser.

On le répète depuis qu’elle est identifiée, la recherche en éducation est en danger et trois types de dangers se conjuguent : le besoin de crédits, la dépendance de commandes et aussi souvent le manque d’imagination des chercheurs. Or la recherche doit être à la fois accrochée aux réalités et affaire d’imagination, en termes de problématiques, en termes d’outils de recherche, en termes d’exploitation et d’interprétation de données.

La recherche en éducation est devenue doublement dépendante, non pas tellement des terrains dont les problèmes vécus pourraient l’orienter mais des modes porteuses de financement et des effets de castes ; la liberté du chercheur est ainsi brimée par une soumission peureuse et un opportunisme qui se veut conquérant.

Les modes ont été nationales ; elles sont de plus en plus internationales. Or, si  la recherche en éducation a des effets, ils sont d’abord à usage national et local.

Cela n’exclut pas, bien au contraire, les contacts, ni les comparaisons ou les confrontations inter-nationales, mais exige qu’ils soient développés sur la base de démarches et de productions spécifiées voire typées qui par leurs différences permettent un enrichissement réciproque. L’international en tant que tel est incompétent pour dicter thèmes et démarches aux nationaux : ce sont eux qui construisent et exploitent l’inter-national utile.

Toujours est-il que les financements sont de plus en plus internationaux et offerts pour des thèmes issus des besoins des plus puissants des nationaux ou de gérants internationaux de la recherche très éloignés des fonctionnements précis de l’éducation.

La question du financement est primordiale : ses sources et ses fonctions orientent les recherches. Un certain type de financement, mise de crédits à la disposition du fonctionnement des équipes de recherche dont on peut contrôler l’usage ne parait pas nuisible, bien au contraire. Mais le développement de plus en plus net des financements sur projets, non sur projets des chercheurs mais sur propositions de chercheurs essayant de s’insérer dans des projets ou des thèmes décidés politiquement ou administrativement par les instances de financement, ministères nationaux ou regroupements internationaux, subordonne les chercheurs en quête de moyens, les met uniquement au service de l’élaboration d’études dont les résultats sont prévisibles à l’avance (et c’est souvent pour cela qu’ils ont été commandés) évitant tout risque de découverte, de surprise, de ces élaborations ou de ces compréhensions nouvelles qui justifient la pratique de recherche.

Dans cette ambiance, les chercheurs se sont souvent fait « piéger » ; certaines pratiques d’évaluation mesurant leur valeur à l’aune des crédits qu’ils ont pu rassembler sont particulièrement caricaturales.

Dans le monde entier, alors que dans beaucoup de pays la recherche était naturellement un élément distinctif du métier d’universitaire, faire de la recherche apparait d’abord comme un moyen de compléter son salaire et cela aussi bien dans des pays riches où les rémunérations sont fortes (Amérique du Nord par ex.) que pauvres où elles sont souvent bien faibles (l’Afrique francophone par ex.) : on ne se met plus en position de chercheur pour savoir davantage, pour découvrir, mais pour gagner un peu plus.

Il ne s’agit pas de nier l’intérêt de suppléments de salaire, mais en la matière il assujettit encore plus les chercheurs aux financeurs déjà évoqués, qui ne connaissent de la recherche que les études à court terme.

Il ne s’agit pas non plus de nier l’intérêt des études, en particulier de celles qui permettent de récolter les données descriptives qui manquent dans beaucoup de pays et dont le besoin suscite parfois des observatoires tout à fait utiles ; tout à fait utiles car ils offrent une base de travail aux chercheurs, qui, à partir de là, peuvent plus facilement avancer s’ils ne s’y arrêtent pas, ce à quoi ils sont poussés par l’habitude prise du fonctionnement à la commande.

La raréfaction des financements née de la crise oblige à faire le point et sur l’utilité de la recherche en éducation et sur ses dérives ; elle oblige à la réorienter de façon efficace par rapport à son but, la connaissance, et non le service à des politiques momentanées.

Pour cela il nous a paru utile de nous réunir dans un des pays les plus atteints par la « crise », pour montrer que celle-ci ne devait pas interdire la recherche en éducation mais qu’au contraire elle pouvait l’aider à aller au-delà en se trouvant aussi des formes plus dynamiques et moins dépendantes.

Nous aurons donc au cours de ces journées à rappeler le fonctionnement des financements, nationaux ou internationaux, nous aurons à nous interroger sur le rôle des agences d’évaluation de la recherche et sur la fonction des publications, sur la localisation de la recherche en éducation, sur la réalité et le sens des demandes faites à la recherche en éducation, demandes du terrain ou de certains marchés, sur la liberté de la recherche aussi. Des exemples de pratiques de recherche nous y aideront, y compris la présentation de recherches faites sans grandes dépenses, montrant que l’argent n’est pas la condition première de la conquête de connaissance.

Nous le répétons : la crise proclamée ne doit pas, au nom de choix se disant d’urgence, interdire la recherche en éducation. Ceux qui la portent ont au contraire là l’occasion de l’organiser d’une façon plus efficace et mieux reconnue, évitant les doubles emplois et les concurrences inutiles, affectant au mieux aux différentes institutions – liées par exemple aux instances gouvernementales pour les tâches de type observatoire, aux universités et autres établissements de haut niveau pour une recherche « libre » - les différentes tâches qu’elle exige, faisant de vrais réseaux de chercheurs (et non la coalition de quelques-uns pour dominer le marché ou apparaitre « internationaux ») les agents de son développement et du futur à construire…

Ce sera l’objet de notre réunion de le rappeler, de le montrer et de le mettre en œuvre.

 

Transmis par Bernard Jabin

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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