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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 11:20

Introduire la dialectique dans l’écriture du Journal



«La tête vide» c’est le titre que je voulais donner au départ à cette intervention. En effet dans ce forum des diaristes, il a été dit que le pédagogue ne se contente pas de transmettre les savoirs, mais transmet aussi ce qu’il est, consciemment ou non. Certes, la relation virtuelle par le biais des mots, des signes et des représentations de soi et des autres, cache bien cette donnée fondamentale de l’être présent physiquement. Le pédagogue est invité à réfléchir sur cette question dès à présent : comment être virtuellement tout en croyant être dans la mission de la relation pédagogique même virtuelle ?


Dans les échanges, certains diaristes transmettent ce qu’ils font, ce qui leur arrive, leurs projets et exploits, mais rarement les déceptions, les échecs, les découragements. En ce qui me concerne, cette fois-ci j’ai envie de raconter ce qui ne fonctionne pas. Le pire qui puisse arriver à un diariste est de ne pas écrire son journal. Tout au long de ce mois d’avril, je n’ai pas écrit de journal et je continue à me demander comment faire pour débloquer la situation. Comme beaucoup d’entre nous, membres de la communauté réelle ou virtuelle de diaristes, nous avons adopté l’écriture de plusieurs journaux à la fois, d’une part pour éviter la dissociation, et d’autre part, pour tenter d’organiser l’écriture du journal en fonction d’une certaine orientation de la recherche. Eh bien, malgré cette avancée dans l’écriture, il peut arriver que tout se bloque et on ne sait plus où on en est avec le journal.


Prétextant l’arrivée des vacances de Pâques, je suspends pendant deux semaines l’écriture pour le forum. Par la même occasion, l’ordinateur lâche et il faut du temps pour s’en procurer un autre, sans compter la difficulté de récupérer les données utiles pour poursuivre les travaux en cours. Tout cela demande du temps et de la patience. Si l’on n’a pas les deux, on tombe dans la panique et la tête commence à se vider petit à petit dans la douleur. Les jours passent, les choses commencent à s’arranger, mais tant que le devoir d’écrire n’est pas accompli, ce sentiment de la tête vide s’installe, jusqu’au moment où la machine de l’écriture repart.


La panique, l’attente, ne m’empêchent pas d’agir sur un autre terrain où je discute, je propose, je participe à l’écriture de documents, de brochures, de journaux diffusés par quelques milliers d’exemplaires dans la cité. Là aussi, tout ne marche pas à merveille; la satisfaction se conjugue avec la déception du travail imparfait. Pourtant, ce ver dans le fruit manque, l’écriture de journal pour tenir le coup en formalisant les doutes et les incertitudes, manque cruellement au diariste que j’essaie d’être.


Partager ces instants difficiles et insupportables avec la communauté des diaristes me permet de développer aussi le côté négatif, celui de la «non» écriture quotidienne comme négation de l’écriture et l’impression d’oublier une tranche du vécu.


Le négatif est-il utile ou formateur ? Je crois que oui à condition qu’il ne soit pas considéré comme absolu, comme c’est le cas à l’école - fondée sur l’échec de la majorité et la réussite d’une petite minorité, par le biais de la sélection-. Le négatif serait un moyen de reconsidérer la situation, d’y introduire le doute et l’incertitude, en vue de rectifier le tir et d’agir différemment. Dans mon cas, une question revient, question que je me suis posée à plusieurs reprises: La panne d’ordinateur est un problème qui peut se résoudre d’une manière ou d’une autre, mais les conséquences de ce type de problème, et notamment notre rapport à la technique, ne remettent-elles pas sur la table la question du TIC en particulier et de la technique en général. Heidegger s’est penché sur la question et après lui, des gens comme Bernard Steigler et bien d’autres, continuent à travailler sur la question en tant que philosophes. Faut-il prendre du temps pour se pencher sur la question ?


Je n’ai pas écrit, mais j’ai entamé quelques chantiers qui sont encore en friche. Il me faut déblayer tout cela pour pouvoir en parler. Toutefois, j’ai lu par petits bouts : Nietzsche et la scène philosophique, Sarah Kofman, UGE, 10/18, 1979. Je n’ai rien écrit sur ce livre et pourtant, il fait partie de mon programme du Journal philosophique que je mets sur le blog ! Je suis en train de lire aussi : Dans les prisons du Roi, Abraham Serfaty, Messidor/Editions sociales, 1992. La lecture de ce livre me plonge dans l’univers des gens qui ont beaucoup donné pour notre liberté. Serfaty a passé 17 ans en prison pour ses opinions politiques.


Marilyne traite de la question de l’intérêt dans la recherche et la manière de la cibler. Souligne qu’il faut essayer de se retrouver au milieu de la masse infinie d’informations qui nous arrivent de partout comme un fléau qui empêche la concentration. Enfin, elle souhaite donner à lire le Journal à quelqu’un qui peut lui faire un retour.


Laurence pointe la congruence et la spontanéité, deux postures qui parfois rentrent en contradiction. Pourquoi pas, du moment où l’on peut se réclamer dialecticien, car parfois la dialectique vient à nous et il suffit de la constater et de la décrire. Eleonore est d’accord avec Marilyne, moi aussi!


Arielle trouve des pistes d’orientation et se dit également en accord avec Marilyne sur la relation entre l’hygiène de vie et l’écriture du journal.


Catherine nous offre un extrait du journal de lecture du livre La relation pédagogique, ouvrage faisant partie de la bibliographie et méritant notre reconnaissance.


Stéphanie est d’accord avec Eleonore et se pose encore la question de savoir à qui donner à lire le Journal. Peut être faut-il faire comme Catherine et proposer des extraits à la communauté des diaristes.


Ariane rejoint Stéphanie dans sa vision du journal. Ce rapprochement peut favoriser les échanges sur certaines pratiques du Journal.


Catherine, encore une fois, met le doigt sur les vertus instituantes du journal.


Claire plonge dans la lecture de l’entretien avec Remi Hess et apporte des éléments nouveaux à travers sa lecture, ce qui mérite des encouragements. Toute lecture est singulière. Un texte prend vie lorsqu’il est décortiqué par le lecteur.


Nadir évoque le point constitutif du diarisme et Julien trouve sa voie dans l’écriture du Journal.


Une petite parenthèse sur les fautes évoquées par un intervenant. Loin de moi l’idée de faire partie des chercheurs de fautes chez les autres, mon expérience me montre que parfois il faut rester vigilant à l’égard des fautes dans des situations précises et lorsqu’il s’agit de s’adresser à certaines institutions. Afin d’éviter de donner un texte déformé par des fautes, en général involontaires, on peut prendre du temps pour relire le texte ou le faire lire par quelqu’un qui aime corriger. J’ai recours régulièrement à cette dernière méthode.


Nadine évoque la question des sous-groupes.


Yahya nous fait part de son expérience d’écriture du Journal, ce qui est un plus pour tout diariste curieux de savoir comment s’écrit un journal.

J’apprécie ce que Catherine écrit sur le Journal en le définissant comme «outil de théorisation». Elle introduit le doute et l’incertitude, qui sont un peu l’objet de mon intervention. J’irai sur son blog dès que je peux. Je me permets de conclure par sa citation : «Ecrire quotidiennement me demande de la volonté, perdre ce rythme c’est me mettre en difficulté» Catherine. La deuxième partie de la phrase est à l’origine de l’idée d’introduire la dialectique dans l’écriture du Journal.


Merci et à bientôt

Benyounès Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org 

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