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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 10:02

Attitudes vis-à-vis du Journal

 

 

Le thème qui revient, tout au long de la semaine, consiste à s’interroger sur l’accueil du Journal par des lecteurs éventuels. Faut-il oui ou non donner à lire son journal ? Faut-il choisir ses lecteurs ? Les avis sur ces questions divergent entre les diaristes. Pour tenter de répondre à ces questions, le mieux serait de commencer par expérimenter la lecture des autres avant d’arrêter une décision qui demeure toujours provisoire.


Lorsque l’on est convaincu que l’écriture du Journal a un quelconque intérêt, on est tenté de donner à lire le produit, à la recherche d’une reconnaissance, d’un encouragement ou de félicitation et dans le même temps on appréhende la réaction du lecteur, avec la peur au ventre que ce dernier ne dise que « c’est nul ce que vous avez écrit » ! Afin d’éviter une possible confusion, le mieux serait de choisir son lecteur avec discernement, afin d’éviter des surprises malheureuses.


Me concernant, je garde toujours un souvenir de fierté lorsque je me suis mis à écrire au jour le jour. J’en parlais de temps en temps autour de moi, sans franchir le pas de donner à lire. Mais rien que d’en parler, je constatais les réactions de l’entourage : Beaucoup de curiosité et un peu de crainte en cas de tension dans les relations. Mon premier choix de lecteur fut très bénéfique. En effet après avoir terminé le deuxième volume du Journal total, je l’ai donné à Remi Hess. Celui-ci l’a lu d’un trait et y est revenu la semaine suivante pour en faire un cours qui a duré toute la journée. J’étais agréablement surpris, car je ne m’attendais pas à ce que mon Journal soit si intéressant pour faire l’objet d’un séminaire. Je suis reparti très encouragé à poursuivre l’écriture du journal avec l’acquis qu’il existe de bonnes volontés pour soutenir la démarche.


Au moment de la préparation d’un numéro de revue Les irrAIductibles sur le Journal, Remi m’a proposé de publier quelques extraits dans ce numéro. J’ai eu du mal à choisir ce qu’il fallait donner pour la publication. J’ai profité de cette difficulté pour élargir le cercle de mes lecteurs de journaux prétextant la commande de publication passée par Remi. Une lectrice se propose de lire les deux volumes et de proposer quelques extraits. J’en suis reconnaissant. Toutefois, sa réaction est très froide, bien qu’elle fasse le travail de lecture et de choix de textes. Il faut rappeler qu’à l’époque cette lectrice n’écrivait pas de journal, n’étant pas convaincue de son utilité « scientifique et littéraire ». Elle changera d’avis plus tard. Sa réaction négative au journal est décevante car elle m’a repoussé dans mes retranchements et mis un coup de frein à mon enthousiasme à poursuivre l’écriture du journal et à en parler autour de moi.


De cette expérience, je tire quelques conclusions en lien avec la pédagogie du possible : La posture de Remi Hess, en tant que pédagogue du possible, repose sur le positif, l’encouragement et l’accompagnement de l’apprenant en évitant de l’accabler et d’insister sur les points faibles et les difficultés. Bien au contraire, c’est l’effort, la volonté, le passage à l’acte d’écrire qui sont mis en valeur. C’est l’attitude qui correspond à la définition du pédagogue du possible.


L’autre attitude vis-à-vis du Journal relève de la pédagogie de l’impossible. Cette posture est malheureusement très répandue dans notre champ éducatif. La tendance dominante est celle de la correction, de la loi, de l’établi, du dominant qui n’a pas envie de voir venir les autres et qui n’est pas ouvert à la création. Dans l’AI, on appelle cela l’institué qui est dans une lutte à mort contre l’instituant. La centralité du pouvoir se décline à travers les pédagogues de l’impossible. Ce sont leurs petits soldats auxquels chacun de nous est confronté au jour le jour.


Ma conclusion provisoire : avant de décider de donner ou pas à lire son Journal, il serait souhaitable de choisir son interlocuteur en fonction de critères pédagogiques que je résume dans la pédagogie du possible : le positif, l’encouragement, la sécurisation, l’aide, la manière noble de traiter certains problèmes de forme et de fond, etc.


A éviter une catégorie de personnes qui trouvent du plaisir à détruire les autres, à nuire aux personnes et à leurs proches, à saboter tout ce qui peut être développé autrement, à casser les relations avec les individus et les groupes, etc.


Donner son journal à lire oui, mais pas à n’importe qui. Je mets en ligne en ce moment sur le blog Le Journal philosophique. Ma décision a été prise après avoir donné le manuscrit à lire à Augustin Mutuale. Je l’ai choisi comme premier lecteur parce qu’il est philosophe. Je le lui ai donné en septembre 2008. Il le lit et me dit qu’il est intéressant et qu’il faut le mettre en ligne. Le lecteur dans ce cas est choisi en fonction de critères positifs cités ci-dessus. Son rôle en tant que lecteur et pédagogue est déterminant pour la suite de ma pratique du Journal.


Merci Maia pour tes encouragements concernant l’entretien avec Remi Hess. Je vais essayer de revenir sur notre recherche portant sur les entretiens collectifs.


Bon printemps

A bientôt

Benyounès Bellagnech              

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