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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 14:06

Le point fixe en ligne

 


Le point fixe est un rituel qui consiste à organiser des rencontres réelles d’un groupe dans un même lieu. Ce type de rencontre offre une possibilité de parler, de se lâcher et d’éprouver du plaisir à être pour un temps avec des personnes que l’on aime voir et écouter. Les institutionnalistes ont pratiqué les points fixes pendant longtemps. J’ai vécu cette expérience aussi et je ressens cela comme une nostalgie, un manque quelque part dans l’éducation tout au long de la vie. Les rencontres se tenaient au Khédive, un bistrot situé au centre de St-Denis et parfois dans d’autres bars. Une autre expérience du même type - qui a duré moins longtemps - a donné lieu à l’écriture du Journal de bistrot.

 

En évoquant l’écriture du journal, j’ai dit que c’est une pratique individuelle sauf cas rare, et le Journal de bistrot en fut un, car tous ceux qui fréquentaient le groupe ont écrit dans ce journal. En somme, c’est un journal collectif écrit à plusieurs mains. ( Cf. Aziz Kharouni, Les irrAIductibles n°3)

 

Mon intervention dans ce forum de diaristes me pousse à réfléchir à sa temporalité et au dispositif et c’est ainsi qu’un parallèle s’impose à moi entre le point fixe réel, physique et le point fixe virtuel sur ce forum. L’un des points communs entre les deux réside dans la temporalité, hormis le cas exceptionnel du Journal du bistrot. Autrement-dit, le dimanche ou le lundi ressemblent fictivement au mardi et au vendredi d’avant. Dans les rencontres réelles, on parlait de tout : des infos, de la recherche, de la politique, de la musique, de l’art, de la vie des uns et des autres et on se racontait aussi des histoires. Ce n’était pas académique, mais c’était très vivant avec de la chaleur humaine et du plaisir en plus.

 

Peut-on dire la même chose du point fixe virtuel, celui-ci par exemple, qui nous met concrètement devant un ordinateur - ni chaud, ni froid – à regarder des formes - des textes – et à tenter d’y répondre. On se force en quelque sorte de trouver des idées à faire passer tout en imaginant, d’après les quelques signes que l’on a, l’accueil que pourrait avoir notre discours. Il faut admettre que ce dispositif nous met dans une situation d’incertitude ou de préjugé pas assez confortable.

 

Pourtant, tout au long de la semaine, je me suis permis d’aller sur le forum et de lire les communications ; et à chaque fois, cette semaine davantage que les semaines d’avant, une conclusion s’est imposée à moi après chaque lecture : les participants à ce forum sont formidables. Ils ont des choses à dire, à écrire et à raconter. C’est donc avec la contrainte du point fixe que je vais dire quelque chose pour partager ce plaisir virtuel. J’ajoute que j’ai commencé à regarder les autres forums et c’est par là que je vais entamer mon propos.

 

Faire du forum « Au carrefour des diaristes », un espace transversal par lequel on peut aborder des sujets traités dans les autres forums d’une manière ou d’une autre serait quelque chose de complémentaire à nos échanges. Je dis cela, parce que la semaine précédente, j’ai évoqué avec vous l’auto–orientation par le journal. Il me semble que la référence aux travaux de Christian Verrier s’impose dans l’autoformation et l’autodidactie. Donc, un lien peut être établi entre les deux notions, bien que notre sujet de discussion porte d’abord sur le journal.

 

Remi Hess propose une réflexion sur le moment dialectique. Pour ma part, j’ai posé la question sur l’introduction de la dialectique dans la méthode. Mais la question du moment dialectique mérite toute mon attention et je souhaite partager avec tous ceux qui souhaitent travailler sur cette question fondamentale.

Je rappelle que je mets en ligne un Journal philosophique sur le blog http://lesanalyseurs.over-blog.org  Mais du fait que je le transcris au jour le jour sur ordinateur pour le diffuser, je ne cesse de m’interroger sur l’intérêt, l’utilité et la finalité de cette affaire. En quoi la philosophie peut être formatrice ou participe à la formation ou à l’éducation tout au long de la vie ?  Vaste question ! On goûte à la philosophie l’année avant le bac et après qu’en fait-on de ce que l’on a appris de la philosophie ?

 

Inutile de compter le temps passé à rédiger cette chronique interrogative, je tiens quand même à encourager les diaristes dans leur élan.

 

Je remercie Patrick d’avoir évoqué la traduction. J’ai été traducteur de presse pendant cinq ans, je traduisais tous les matins des articles portant sur la stratégie et la Défense pour un organisme de presse chargé de fournir une revue de presse européenne quotidienne au chef d’état-major de l’armée française. Je confirme ce que dit Patrick sur la rigueur exigée dans ce type de travail. D’un côté formel, j’entends, c’est très formateur sur le plan de l’écriture. De l’autre côté, on peut s’interroger au pourquoi d’une telle exigence dans ce domaine et non pas dans les autres domaines. Qu’est-ce qui fait que la forme, l’écriture, prennent de l’importance en matière de Défense et non pas dans les autres secteurs de la vie ? J’ai écrit Le journal de traduction au cours de cette période. Et si l’occasion se représentait, je reprendrais le débat sur la traduction.

 

Deux autres points évoqués par les uns et les autres, -je m’excuse de ne pas pouvoir citer les noms, faute de temps- l’un porte sur l’écriture en tant que forme. C’est un sujet qui mérite que l’on s’y arrête. Je n’ai pas pour l’instant de questions précises à poser à ce sujet, je n’ai que des considérations vagues, relevant de la sémiotique, la grammaire, la logique, etc. mais j’y reviendrai avec des questions précises.

 

Le second point est lié à l’écriture ou non du journal tous les jours. Je souligne qu’à l’école et ailleurs, on nous apprend rarement à dire non à quelque chose que l’on n’a pas envie de faire. A mon sens, il est temps d’introduire le négatif, la négation, le refus, parfois la subversion et la transgression dans la pédagogie. Si l’on considère de temps en temps que l’on n’a pas envie de faire quelque chose, comme c’est le cas de l’écriture du journal au jour le jour, on ne le fait pas.

 

« La chronophagie », terme employé par Marie-Pierre, doit être prise en compte. Les diaristes savent écrire par exemple « hier, je n’ai rien écrit », ou encore « j’arrête pour un temps d’écrire le journal ». Il est difficile d’écrire son journal lors d’une cérémonie d’enterrement ou de mariage ou de je ne sais quel événement festif ou non, alors que la situation exige une présence physique et mentale entière. Il n’y a alors pas de place pour le dispositif d’écriture du journal.

 

Il peut nous arriver tout simplement de vouloir ne rien faire et notamment de ne pas écrire de journal. Cela pourrait être aussi une bonne chose salutaire.

 

Bonne continuation et à bientôt

 

Benyounès Bellagnech
http://lesanalyseurs.over-blog.org/

 

 

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