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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 11:40

La crise des IrrAIductibles. Et l’analyse interne ?

 

                                                                                                                                

            « ... le rassemblement des résidus, leur coalition pour créer poétiquement dans la praxis, un univers plus réel et plus vrai (plus universel) que les mondes des puissances spécialisées.»  (Lefebvre, 2000 : 31)

            « Osons la différence.(...) « ... je suis pour la déviance absolue». 8ième Colloque de l’Analyse Institutionnelle, juin 2007. Remi Hess. 

 

 

            Aujourd’hui, le 24 janvier, j’ai lu le document La Crise des IrrAIductibles sur http://lesanalyseurs.over-blog.org/article-26664341.html, écrit par Benyounès. Aujourd’hui, j’ai mis mon courrier électronique à jour car j’ai eu des problèmes avec mon ordinateur.

            Ce moment de notre mouvement analysé par Benyounès m’a fait penser à l’histoire avec ses visages multiples, à l’historique et ses signes de divergence et de différentiation, à l’historique et la violence capitaliste. 

Cette lecture m’invite à penser une fois de plus au mouvement institutionnaliste dans lequel je suis depuis 1974, à Rio de Janeiro.  J’ai eu un contact plus proche avec René Lourau en 1978, encore une fois à Rio, lors du Congrès d’analyse institutionnelle organisé par l’Ibrapsi – l’Institut Brésilien de Psychanalyse, Groupes et Institutions, organisation à laquelle je participais. A Paris 8, je le suis depuis 1996, quand j’ai commencé mon doctorat, avec un carton – la fleur-femme de ... - il vient dans ma tête tellement de femmes : Rosa de Luxembourg ; Olga Benario, Louise Michel... Je ne réussis pas à me rappeler son nom – c’est une peintre, l’amour de Trotski – je cherche partout le carton, je ne le trouve pas - de félicitations de René Lourau. Il s’agit de Frida Kahlo, je crois.

Je veux tout de suite faire mention de la sensibilité de Benyounès pour la différence. Celle-ci rappelle aussi bien Lefevbre dans De L’Etat (1977), critiquant la fermeture de (dans) l’institution étatique, que Hess (1978), qui en suivant les analyses de Lefevbre, fait une critique à René Lourau (1978) quand celui-ci se réfère au principe d’équivalence élargie des formes étatiques. Il est clair que le révolutionnaire ne peut pas faire l’apologie de l’équivalence.

C’est la crise. Qu’est-ce qu'une crise ? Pour moi, malgré les expériences que j'ai vécues et mes écrits sur le sujet, la question reste difficile. On peut dire que c’est un moment qui comporte des enjeux et donc des risques. La crise comporte des critiques de la vie quotidienne. Mais certaines crises sont paroxystiques ; dans ce cas, la vie quotidienne critique la crise.

Par contre, la crise elle-même sous-tend une stratégie et une rentabilité pour l’institution, sous forme d’une ré-institutionnalisation, disait déjà, en 1978, René Lourau qui nous a appris que la forme étatique fait de son mieux pour se protéger, pour corriger ou empêcher la possible autodissolution de ses formes.

Donc, par rapport à la problématique qui nous traverse, qu’est-ce qu’on peut faire pour donner des voix et voies aux divergences et aux différences ? Veut-on dissoudre des formes étatiques présentes dans notre mouvement ?

Benyounès, après ce texte sur La crise des IrrAiductibles, nous envoie trois autres textes sur un Projet pour la revue Les IrrAIductibles. Je remarque que le Projet a été conçu, si j´ai bien compris durant le premier semestre 2008, « ... issu d'un exercice auquel je me suis prêté en vue d'asseoir et de développer l'activité éditoriale et médiatique des IrrAIductibles... ». Il l’estime « ... comme une base de discussion qui pourrait déboucher sur l'action... » ( Bellagnech, 2009a). A mon avis, Benyounès provoque la collectivisation des analyses de notre mouvement Les IrrAIductibles. Il met ses textes/analyses « ... à la disposition de tous ». 

En acceptant son invitation, je veux bien les prendre en compte, y compris les derniers courriers électroniques de la liste Les IrrAIductibles. Ce sont très peu de textes, il me semble. Sauf si, à cause de mon problème avec l’ordinateur, je n’en ai pas reçu certains. Au cours de ces derniers mois, je me suis rendu compte que notre mouvement a quelques adresses e-mail. Celui des LesIrrAIductibles@wanadoo.fr, animé par Benyounès - qui compte beaucoup avec l’aide de Bernadette, sa femme, qui est, comme le dit Benyounès, membre du collège invisible des irrAIductibles - plus irraiductibles2@live.fr et lesirraiductibles2@hotmail.fr. Y en a-t-il d’autres ? L’association libre envahit ma tête : diffusion, dérives, dispersion, ré-institutionnalisation ?

Je commence mes analyses par le projet. J’essaie de comprendre un temps qui n’a pas un ordre fixe, successif et hiérarchique. C’est un temps transductif où le virtuel présent dans le processus s’ouvre à des opérations nouvelles, « ... opération de la pensée sur/vers un objet virtuel pour le construire et le réaliser ». ( Lefebvre, 1969 : XXIII).

Ce projet de 2008 pour la revue porte une utopie active, c’est une recherche qui veut la  transformation. Donc, je commence mes analyses avec le rêve, son potentiel de travail. Il ne faut pas oublier qu’à ce-moment–là, Benyounès était en thèse, essayant d’expérimenter en pratique et d’inventer en tâtonnant des dispositifs qui pourraient échapper à l’institutionnalisation des formes étatiques dans le champ éducatif. La pédagogie du possible qu’il essaie de théoriser-pratiquer, une variable universitaire de la pédagogie institutionnelle, veut « ... réfléchir à l´avenir de l´homme sur des nouvelles bases. » (Bellagnech, 2008, V.1 : 20).

Le projet qu’il nous présente s’inspire de notre mouvement. Benyounés porte beaucoup d’espoir dans son-notre travail. Dans l’épigraphe de la thèse, il cite Remi Hess, son directeur (Hess, In : Bellagnech, 2008 : 7): «  ...écrire une thèse, c´est un moment de la production d´une œuvre à la fois individuelle et collective. (...) intégrant la théorie et la pratique, la construction d´une pensée et l´apprentissage sur le terrain. Devenir ‘auteur’, c´est réussir à inscrire un point de vue spécifique.  ».

            Il a réussi. Ce projet est le fruit de sa thèse qui est construite sur un terrain, Paris 8, le département de Sciences de l’Education. Comme il l’affirme, sa thèse n’a pas pu être saisie en dehors du champ des irrAIductibles, en remarquant la caractéristique collective du travail dans lequel il s’insère. C’est le travail d’un groupe d’étudiants et de professeurs qu’il considère comme un groupe créateur « ... des dispositifs autonomes dans le temps, l’espace, sur le plan organisationnel avec une base matérielle limitée privilégiant le potentiel humain aux outils techniques hors de prix, et a réussi à élaborer de nouvelles méthodes pédagogiques et de recherche : introduire le journal de recherche ; l’agorisme, consistant à privilégier le face à face au cours magistral, la participation de tous et de chacun des collaborateurs à l’élaboration du programme pédagogique et de recherche ; le forum électronique et la création d’une liste d’échanges et de discussions sur le plan international, échanges qui donnent lieu à une coordination scientifique entre différents partenaires dans plusieurs pays ; création d’une revue, de plusieurs collections et organisation d’un colloque international annuel qui a lieu la dernière semaine de juin chaque année à Paris 8. » (Bellagnech, 2009a) . 

            Ce fragment illustre une petite histoire du mouvement Les IrrAIductibles. A travers ces dispositifs, divers chemins ont été parcourus. Les tensions, quelquefois difficiles à supporter, qui les ont traversés au lieu de les invalider, affirment leur potentiel créateur. Les documents envoyés par Benyounès font des analyses de certaines tensions qui nous traversent.

            Une différence qui a attiré mon attention dans ces documents est son implication dans le mouvement Les IrrAIductibles, dont il parle clairement : « ... je m’y suis investi avec passion depuis plusieurs années. » (Bellagnech, 2009a).

            En lisant le dernier (?) courrier électronique, celui de 16 janvier – c´est dommage si le groupe a exercé le cryptisme par rapport à moi, par exemple – je fais partie Des IrrAIductibles – je me sens dans ce groupe – il y a une mention à « ... la forte  personnalité de Benyounès et de son contrôle du dispositif des IrrAIductibles, liste de diffusion, mise en page de n° de revue, et archives de la revue ». Cet aspect contrôlateur, en suivant le courrier, met en question l’implication et la surimplication au sein d’un groupe « ... comme un effet démobilisateur sur le reste du groupe. » Il est aussi évoqué la peur de Benyounès « ... que les membres de la revue ne prennent pas le relais. »

              Qu’est-ce qu’est la passion ? Il me semble qu’on travaille pour un numéro sur l’Education Sentimentale. Je trouve très intéressant qu’on s’intéresse au libidinal dans les discussions institutionnalistes. Peut-être allons-nous enrichir nos concepts, y compris notre “ triplette dialectique ” comme dit P. Ville (2001). Notre processus, il faut encore ajouter. Il y a d’ailleurs un projet de faire un dictionnaire d’analyse institutionnelle, accordé dans notre 7ème Colloque International autogéré d’analyse institutionnelle. Benyounès, Leonore et moi avons proposé d’y participer.

            Il est intéressant de noter que Benyounès laisse passer toute une passion pour le mouvement, dans ces documents envoyés. On peut se demander si la passion apporte avec elle un contrôle. En tout cas, elle porte le politique. Il nous faut donner, il me semble, de la place à la passion. Et se laisser toucher par elle, dans ce monde ou notre groupe – plein d’analyses « organisationnelles ».

            Dans la “ triplette dialectique ”, les moments s’imbriquent. Malheureusement, l’analyse de l’implication prend, quelquefois, plus en compte une logique classificatrice.

La peur ? René Lourau (1980) dans ses recherches sur l´autodissolution des avant-gardes[1], remarquait que l’analyse institutionnelle a une histoire qui fait peur. Plusieurs d’entre nous, les participants de l’institutionnalisme, sont d’accord avec René Lourau. Combien de fois la violence institutionnelle, la, si nous pouvons dire, réification de l’instituant, qui fait pleurer le poète et quelquefois le fait mourir, nous fait douter de la dialectique et du dépassement. L´affrontement des forces étatiques a un côté mort plein de nuances qui donnent des rythmes au mouvement social, mais aussi à ses acteurs (Ozório, 2005).

Moi, j’ai peur quand je pense à la possibilité de notre groupe d’agir, comme dit Benyounès (Bellagnech, 2009), « ... un bataillon en guerre qui abandonne ceux qui se blessent dans la bataille .... qui continue à jouer tandis que plusieurs de ses joueurs restent à terre à cause de leurs blessures ». Ce type d’analyse n’est pas commun. Il y a aussi bien la puissance de quelqu’un qui bataille que de quelqu’un qui est blessé, qui vit la violence des institutions dans lesquelles plusieurs mécanismes peuvent y expliquer l’aliénation. Benyounès nous explique qu’il cherche des alliances pour affronter cette violence. C’est là que se joue vraiment quelque chose pour l’herméneutique implicationniste de l’institutionnalisme. Benyounès reconnaît les/ses/nos limites de la/sa/notre praxis et ses moments, suppose des analyses critiques, mais possibles. Je ne peux pas m’empêcher de faire référence à la souffrance que j’éprouve en partageant les blessures avec Benyounès.

Augustin !!! Tu as besoin d´être avec nous pour sécher nos larmes.

            Par contre, certaines analyses de la peur peuvent provoquer des éclairages dans l’histoire de notre mouvement. Ces derniers e-mails peuvent aussi annoncer des éclairages. Mais il manque un approfondissement dans nos analyses. Il ne faut pas mettre de côté « le problème de Benyounès »/ « le problème Benyounès » et continuer à marcher. Nous avons des blessures qui ont besoin, pour guérir, que nous soyons ensemble.

            Comment vivre ensemble ? Voilà une interrogation éthique qui peut nous aider à penser le rapport du sujet et de l’autre. L’implication et la surimplication : leurs frontières sont ténues. Ceux qui s’impliquent, avec passion, vivent dans des espaces-temps hybrides. D’ailleurs, ce sont des vicissitudes transversalisées par les fragilités des frontières, notamment celles du centre et de la périphérie, qui explicitent la problématique de la différence dont l’articulation socio-politique, à partir de la perspective des résidus, est complexe.

            « Osons la différence », en paraphrasant Remi Hess.

            Il me semble que c’est dans cette condition entre les deux que quelque chose arrive pour qu’on puisse comprendre le coté mortifère de l’institution. L’aliénation. La passion et les distances. Peut-on parler d’un pathos de distance ? Barthes (2002) cite Nietzsche, en disant que « le pathos de distances est le propre de toutes les époques fortes ». Il y a de la tension utopique, ce qui est désiré c’est une distance qui ne casse pas l’affect. L’affect peut provoquer des éclairages dans l’histoire de notre mouvement. Sans peur, sans trop d’organisationnel.

            Pourquoi nous intéresserions-nous tous au soi-disant contrôle de Benyounès ? Pourquoi nous tous, en rappelant Etienne de la Boétie, avons supporté si longtemps - depuis 2001, quand il est chaque fois plus enthousiasmé par notre mouvement, en assumant la responsabilité d’animer plusieurs dispositifs - le tyran ?  Voilà, la relation complexe face au pouvoir est en question.  C´est le minimum simpliste d’expliquer le non intérêt du groupe pour le contrôle de Benyounès. Un grand problème de l’implication est la reproduction en nous de ce qu’on critique. Ah ! mon cher Georges !!!! Tu as raison. Il faut avancer dans l´analyse interne.

            Je veux bien prendre la revue Les IrrAiductibles comme analyseur de son travail au sein de notre groupe. C’est en 2002 que paraît le premier numéro des IrrAiductibles. Je veux explorer, naviguer dans l’immatériel de ce travail. J’ai ce numéro dans les mains au moment de l’écriture de ce texte. C’est un gros travail, qui montre une volonté de puissance. Presque 500 pages. Elle est parue dans un contexte de turbulence qui explicitait la dialectique local – global : Paris 8, Département des Sciences de l’Education, l’après 11 septembre, les élections présidentielles en France, l’effet Le Pen. (Bellagnech, 2008). Et l’effet Lula au Brésil. 

            Dans cette revue, j’ai écrit mon premier article après la thèse, en 2001. J’ai fait un travail à plusieurs reprises avec Benyounès, notamment dans le numéro 13 «  L´analyse institutionnelle, le quotidien et le mondial » que nous avons coordonné ensemble. Si nous avons eu un océan qui nous séparait - moi, j´étais au Brésil, Benyounès en France - nous avons fait aussi la praxis d’un entre cultures, socianalytique qui avait tout un rapport avec notre sujet de travail que le titre de la revue explicitait. 

            Cette revue – transfrontière - va au-delà des frontières. Le trans et l’entre cherchent à affirmer d’autres espaces-temps où quelque chose se fait présent. Ce sont des frontières diverses entre pays, cultures, âges, division sociale du travail, expériences, division instituée des savoirs ... Selon Benyounés ont été publiés « ... plus de 350 articles et autant d'auteurs : chercheurs, professeurs en fonction ou retraités, étudiants de tous les niveaux de la licence au doctorat, acteurs sociaux dans différents services de la société, auteurs originaires de différents pays dans le monde. »  (Bellagnech, 2009a ).

Dans des lettres aux collaborateurs brésiliens, soit de la collection Transductions soit de la revue – la revue est d’ailleurs connue au Brésil - Benyounès et moi, nous avons écrit : «  La revue ne s´intéresse pas seulement à l´enseigne de la pensée de l´analyse institutionnelle, mais plutôt à son mouvement, celui des pratiques où se vit et s´expose la problématique posée par cette pensée-là. (...) Elle dit la nécessité d´un autre mode de faire dans le monde éditorial  et l´exigence des franchissements. Avec la revue Les Irraiductiblles, publiée aussi par le Département de Sciences de l´Education de l´Université Paris 8, elle établit des paris qui essayent d´intervenir dans l´édition instituée, marqué d´entre autres par le profit et les privilèges. » (Ozório et Bellagnech, 2005. mimeo).

             Oui, il ne faut pas oublier l’institution de l’édition. Nous voyons des rapports qui, comme dit Benyounès (2009a), «  ... font état d'un surplus de revues de sciences humaines et sociales en France. 170 revues environ.»

            Benyounès dans son projet pour la revue pose des questions pertinentes. « ... Par l'absence d'une analyse approfondie de qui nous sommes, que voulons-nous faire, de quels moyens pouvons-nous disposer et comment les obtenir ? Quelle est notre politique éditoriale ? Distinguons-nous entre ce qui relève de la propriété privée et ce qui relève du bien collectif ? Quel lien établissons-nous entre la publication par le canal de l'édition relevant du marché et celle des irrAIductibles ?... » (Bellagnech, 2009a).  

            Le courrier électronique du 9 janvier, répond à ces questions : « ... Le fait aussi de notre incapacité à prendre en compte les difficultés de certains d'entre nous, se retrouvant dans des situations économiques critiques, du fait d'un contexte juridique complexe de la comptabilité publique… Cet ensemble d'éléments qui ont eu des effets concrets (plus personne pour gérer la liste, pour mettre en page la revue), nous a fait traverser une période délicate au niveau organisationnel. »

            Où est la triplette dialectique qui nous est si chère? Cette période délicate est un analyseur de la forme étatique dans notre mouvement. Cela veut dire qu’il faut qu’on prenne en compte les dimensions – libidinales, idéologiques, politiques et organisationnelles – pour enrichir nos analyses. S’agit-il de la stratégie cryptique ?  

            « Paris 8 ne peut pas recruter les étrangers, des retraités, des chômeurs, dit le groupe dans le courrier de 9 janvier. La question est plus particulière : Paris 8 ne peut pas recruter ceux qui osent être différents et qui travaillent dans son milieu ». Voilà l’aliénation dans le capital. Qui sommes-nous ? Des cyberzombis comme l’a formulé Châtelet ?  L’analyse « organisationnelle » nous fait nier la problématique posée par le travail de Benyounès au sein de notre groupe.

            La vie vampirisée par le capital : nous, en tant qu’institutionnalistes, nous reproduisons cela. Pourtant, au pouvoir sur la vie, analysé par Foucault (1982), peut répondre le pouvoir de la vie, selon Deleuze et Guattari (1980), dans sa puissance politique de résister et créer, de varier, de produire des formes de vies. Les dernières études de Negri (2003) sur la biopuissance comme aussi la pédagogie du possible (Bellagnech, 2003) nous aident à comprendre un peu plus cette problématique. Benyounès porte une expérience vive chez nous qui l’approfondit. Il a bien compris les conséquences politiques de sa praxis. Mais il insiste, il « ... souhaite poursuivre le travail commencé : la publication de la revue, la direction de la collection et l'organisation des rencontres hebdomadaires avec les étudiants et les chercheurs. Mon projet se résume dans la consolidation et le développement de ce que j'ai indiqué. Cela suppose une reconnaissance de statut et des moyens pour le poursuivre. » (Bellagnech, 2009a).

            En tant que différence, il ose. Il déclenche l’analyse, il ne met pas de côté l’analyse. Et la praxis ? Il ne prend pas abstraitement les éléments abstraits obtenus par l’analyse. Il sait qu’ils ont, en tant qu’éléments, un sens concret, une existence concrète (Lefebvre, 1958, p.34, In : Bellagnech, 2008 : 19). Cette problématique méthodologique comme il dit « …a été reprise par René Lourau et Patrice Ville, et largement débattue dans les séminaires de mardis de l’analyse institutionnelle ».( Bellagnech, 2008 : 19).

            Bien, mes amis, j’ai commencé mes analyses. Commencer par rapport au sujet et au groupe c’est enchaîner. L’agorisme a une exigence éthique. «  Il y a ceux qui mettent en question « le tout dire » dans la collectivisation des analyses proposée par l´analyse institutionnelle, en parlant d´un parolisme qui peut provoquer l´hypertrophie du processus. Pourtant la communication dialogique dans cette collectivisation d´analyses provoque des manifestations de l´institution. Ou la laisse se manifester. Et il ne s´agit pas qu´elle se dise comme purement et simplement discours, mais de réaliser l´intervention dans les institutions. Certes, nous sommes dans un champ de production de vérités, d´ailleurs, des vérités transitoires qui ne nient pas la singularité du devenir » (Ozorio, 2005 : 18).

En revenant à la passion, au pathos des distances : je pense comme Barthes (2002), à une distance pénétrée, irriguée de tendresse, pleine de chaleur vive dans les relations. Le monde est très belligérant. Et l’université ? Elle a dû mal à donner des places aux différences.

            À bientôt.

Lúcia Ozório ( Rio de Janeiro - Brésil)


Bibliographie

 

BARTHES, R Comment Vivre ensemble. Simulations Romanesques de Quelques Espaces Quotidiens. Paris : Éditions du Seuil, 2002.

BELLAGNECH, B. Dialectique et pédagogie du possible. Métanalyse. Sainte – Gemme : Presses Universitaires de Sainte-Gemme, 2008.

BELLAGNECH, B. La crise des irrAIductibles. http://lesanalyseurs.over-blog.org/article-26664341.html, 2009.

BELLAGNECH, B. Projet pour la revue Les IrrAIductibles. http://lesanalyseurs.over-blog.org/article-26664341.html, 2009a.

DE LA BOETIE, É. Le discours de la servitude volontaire. Paris : Editions Payot, 1976.

DELEUZE, G. et GUATTARI, F., Mille Plateaux. Paris : Les Editions de Minuit, 1980. FOUCAULT, M. - Microfísica do Poder. Rio de Janeiro : Editora Graal, 1982.

HESS, R. Centre et périphérie. Toulouse : Privat, 1978.

HESS, R. - Produire son oeuvre: le moment de la  thèse. Paris, Téraèdre, 2003.

LEFEBVRE, H  Métaphilosophie. Paris :  Editions Syllepse, 2000. 303p.

LEFEBVRE. H.  De l'Etat 3 : le mode de production étatique. Paris : Union Générale d'Editions, 1977.

LEFEBVRE, H. -Logique formelle et logique dialectique. Paris : Ed. Anthropos, 1969.

LOURAU R. - L'Etat inconscient. Paris : Editions de Minuit, 1978. 

NEGRI, A. - 5 lições sobre Império. Rio de Janeiro: DP&A editora, 2003.

OZORIO, L. (direction) L’Analyse Institutionnelle au BrésilCollection Transduction. Saint Denis, France, v. 5,  juin 2005.

OZORIO LUCIA ET BENYOUNES BELLAGNECH, Lettres, 2005. mimeo.



[1] J’emprunte le titre de son livre  L´Autodissolution des avant-gardes (1980). 

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